Né au siècle dernier, Christophe Chevalier est passé, à la faveur d’une micro-fissure spatio-temporelle, dans l’envoûtant univers des arts graphiques. A un âge où d’autres se seraient adonnés avec plus ou moins de bonheur au saut à l’élastomère, à la poésie tridimensionnelle voire à la gastronomie acrobatique ou à la contrepèterie rythmique et sportive, Christophe s’est surpris à manifester son attrait pour l’image, le visuel en général, dans une expression artistique d’une grande sensibilité mais que sa modestie naturelle peine à avouer. Dans ce somptueux dédale des mondes parallèles, il se décide un jour à fréquenter l’atelier de gravure de l'école d’Art de Boulogne sur mer, se surprend à participer au club photo de la commune voisine: Saint Martin Boulogne, s’épanouit sur la voie royale de l’infographie en solitaire chasseur d’images. Dès lors, sa vie ne sera plus qu’une enthousiasmante suite de rencontres enrichissantes, d’expériences créatives, de légitimes satisfactions... Il est fasciné par les cours de son professeur, Pascal HAUTECOEUR, maître neuvième gouge, apprécié dans tous les univers aléatoires connus. Disciple attentif, il découvre avec un imperturbable émerveillement toutes les subtilités de la gravure en milieu urbain.  Passionné depuis toujours par l’art photographique, il est bientôt interpellé par le procédé de représentation bidimensionnelle  numérique inventé par le photographe moldaque Viktor Tcherkov, surnommé le Nijinski de l’obturateur. Cette révélation sera à l’origine d’une activité artistique qui ne le quittera plus. Christophe est par ailleurs adepte de la technique du « copier coller » mise au point par l’haltérophile transyldave Katerina Stürmgrass, discipline qui va ajouter une nouvelle corde à son arc. En effet, avec son ami et biographe Jacques DEVILLERS, il installe chez lui un petit laboratoire où il reproduit les expériences de cette science moderne naissante : la photocomposition à géométrie variable... Ils réalisent ensemble l’affiche d’une œuvre théâtrale, « Peaux de balle », qui sera donnée avec un réel succès dans plusieurs salles de la région. Une expérience fructueuse qui lui assurera la reconnaissance d’un talent aux diverses facettes. Son habileté à la téléportation et sa grâce naturelle à naviguer d’un continuum à l’autre, l’autorisent à de régulières apparitions lors d’expositions photographiques collectives pour lesquelles il réalise d’élégantes affiches. Christophe Chevalier pourrait, avec tout autant de réussite, goûter aux joies de l’image en mouvement, de l’expression cinématographique au regard de ces quelques rares mais significatives expériences de captations vidéo où de cours métrages d’animations auxquelles il se livra naguère. Une vie sociale trop riche ne lui permet pour l’instant de laisser la bride sur le cou d’une imagination féconde. On la sait en veille constante et prête à s’épanouir dès que darderont les rayons d’une bienveillante disponibilité.

par Jacques DEVILLERS